Inscription à la salle de sport : check. Programme nutritionnel post-vacances : check. Rangement de la maison : check. Fini l’été, vous êtes paré pour la rentrée ! Mais qu’en est-il de votre argent ? Certes, en matière de patrimoine, les projets se pensent sur le long terme et il est préférable d’éviter les décisions hâtives et excessives. Remettre de l’ordre dans ses idées à échéances régulières demeure néanmoins une bonne idée. Une routine en trois étapes permet de vérifier que votre organisation patrimoniale est toujours adaptée. Un, vérifiez votre capacité d’épargne, notamment si vos rentrées d’argent ou vos dépenses ont évolué. Deux, questionnez la répartition de vos investissements sur les différentes catégories de placements en fonction du contexte. Trois, faites le point sur la performance de vos produits. Car l’environnement économique demeure mouvant : taux d’intérêt en hausse, marchés actions au sommet, immobilier en dents de scie… De nombreux défis attendent les épargnants dans les prochains mois. Anticiper permet d’affronter l’avenir avec sérénité.
Faites le test : „J’ai 10 000 euros à investir en Bourse. Tu me conseilles quelles actions ?”. ChatGPT ne se fait pas prier pour répondre en recommandant de placer 70 à 80 % de la somme sur un ETF monde, le solde sur des actions individuelles : Microsoft, NVidia, Amazon, ASML, LVMH et Visa. Pourtant, contrairement à un conseiller financier, l’agent IA n’a aucune idée du profil de son interlocuteur, de son âge, de la composition de son patrimoine ou de son aversion au risque. Cela ne l’empêche pas de fournir des recommandations… tout en déclarant, lorsqu’on creuse ce sujet, qu’elle n’est pas un conseiller financier agréé et qu’il vaut mieux „éviter d’investir uniquement parce que l’IA recommande une action”.
Limitez les données personnelles
La solution serait-elle de fournir à un agent IA plus de détails sur sa situation personnelle, comme ses revenus et la composition de son patrimoine ? L’autorité de régulation et de surveillance des marchés financiers de l’Union européenne, l’ESMA, préconise au contraire la plus grande prudence. „Ne partagez pas vos données personnelles avec des outils publics d’IA en ligne. Ils peuvent ne pas être suffisamment sécurisés et mettre vos données personnelles en danger”, précise l’organisme.
Une autre solution commence à émerger. Les banques et les plateformes d’épargne intègrent progressivement des agents IA internes. De super-chatbots permettent déjà de régler des questions simples liées à la gestion d’un compte courant (quel est mon solde ? comment faire opposition sur ma carte bancaire ?). La prochaine étape, plus complexe, consiste à répondre à des problématiques liées à la gestion de patrimoine. Spécialisée dans l’IA et la finance comportementale, Odonatech a développé un agent IA spécialisé, Lila, déjà utilisé par certains acteurs en France comme Crédit agricole, Gestiondepatrimoine.com et La Finance pour Tous. „Lila a accès, si le client l’autorise, à l’historique de ses opérations et peut donc apporter une réponse personnalisée, dans un cadre sécurisé puisque cela se passe au sein de l’app’ du client”, explique Stéphane Dothée, fondateur d’Odonatech.
De bons outils, avec des limites
En attendant que ces outils se généralisent, il reste possible d’utiliser les agents IA généralistes comme ChatGPT, Claude, Gemini, Le Chat et autre Perplexity pour parfaire vos connaissances sur les placements, la fiscalité, la retraite, la Bourse ou le crédit. „C’est un bon outil d’éducation financière mais les agents IA présentent des biais, car ils sont surtout alimentés par des données américaines”, prévient Stéphane Dothée. Et s’ils permettent de se créer un premier socle de connaissance, ils ne remplacent pas pour autant une vision à 360 degrés de l’épargnant. „En se fiant à une IA, on risque de juxtaposer des placements sans aucune cohérence, estime Emmanuel Hardy, président d’Inovea. Or, la gestion de patrimoine est une science complexe, nécessitant de tenir compte de la situation du client dans son ensemble.” Un conseiller en chair et en os pourra faire ce travail personnalisé, tout en tenant compte de facteurs psychologiques propres à chaque épargnant.
Un risque de déception
Par ailleurs, „certains clients arrivent avec une allocation d’actifs détaillée en tête, réalisée à l’aide d’un agent IA, relate Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct.fr. Ils sont parfois déçus de ne pas pouvoir la mettre en œuvre car leur liste ne coïncide pas à 100 % avec les supports éligibles à nos contrats d’assurance-vie, aussi larges soient-ils.” Autre difficulté, les agents IA vont souvent dans le sens de leur interlocuteur. „Il faut rédiger des prompts qui se font l’avocat du diable, conseille Stéphane Dothée. Si vous envisagez de modifier la répartition de votre épargne dans votre contrat d’assurance-vie, il est intéressant de demander à la machine les bonnes raisons de ne pas le faire. Cela vous permettra de prendre en compte votre propre irrationalité et vos biais comportementaux.” Autrement dit, l’IA n’est qu’un outil. Le cerveau… c’est vous.
En bref
- Pourtant, contrairement à un conseiller financier, l’agent IA n’a aucune idée du profil de son interlocuteur, de son âge, de la composition de son patrimoine ou de son aversion au risque.
- Or, la gestion de patrimoine est une science complexe, nécessitant de tenir compte de la situation du client dans son ensemble." Un conseiller en chair et en os pourra faire ce travail personnalisé, tout en tenant compte de facteurs psychologiques propres à chaque épargnant.
- Si vous envisagez de modifier la répartition de votre épargne dans votre contrat d’assurance-vie, il est intéressant de demander à la machine les bonnes raisons de ne pas le faire.
Source : www.lexpress.fr





Un comentariu